La cuillère de miel au réveil est une habitude ancienne, et elle a bon dos : on lui attribue à peu près tout, de l’immunité au ventre plat. Voyons ce qu’elle fait réellement, et ce qu’elle ne fait pas.
Ce qui se passe vraiment à jeun
Une cuillère à café apporte environ 20 kilocalories, essentiellement du glucose et du fructose. Le glucose passe vite dans le sang et remonte une glycémie basse après une nuit de jeûne. C’est un coup de fouet réel, et c’est bref.
Prise seule sur un estomac vide, cette montée rapide se suit parfois d’une redescente aussi rapide, avec la sensation de faim qui va avec. Si cela vous arrive, prenez le miel avec le petit déjeuner plutôt qu’avant.
Dans un verre d’eau tiède, le passage est plus doux et la boisson est plus agréable. Tiède, pas chaude : au-delà de quarante degrés, les enzymes du miel se dégradent.
L’estomac et les remontées acides
Beaucoup de gens disent que le miel calme leurs brûlures d’estomac. L’explication tient à sa viscosité : il tapisse la muqueuse et forme une couche qui isole quelques minutes. Des travaux ont observé cet effet barrière, mais aucun essai clinique sérieux ne le compare aux traitements du reflux.
Le miel n’est donc pas un traitement du reflux gastro-œsophagien, et il ne remplace ni un inhibiteur de pompe à protons ni un avis médical. Chez certaines personnes, il aggrave même les symptômes, parce que le sucre relâche le sphincter de l’œsophage.
Essayez, observez, arrêtez si cela empire. Et consultez si les brûlures reviennent plusieurs fois par semaine.
Les aphtes
Là, l’usage est plus convaincant. Appliqué directement sur un aphte, plusieurs fois par jour, le miel réduit la douleur et semble raccourcir la cicatrisation dans de petites études.
Un miel foncé et corsé comme le Miel de thym (190 dh) ou le Miel daghmous (150 dh) pique davantage au contact ; un miel doux comme le Miel d’orange (90 dh) passe mieux sur une muqueuse à vif.
Si un aphte dépasse trois semaines, s’il revient sans arrêt ou s’il mesure plus d’un centimètre, ce n’est plus un aphte ordinaire : montrez-le à un médecin.
Immunité, fer, inflammation
Voilà où il faut être franc. Le miel contient des polyphénols et des composés antioxydants, en quantités mesurables et variables selon la fleur. Les miels foncés en contiennent davantage.
Ces composés montrent une activité anti-inflammatoire et antioxydante en laboratoire. Aucun essai n’a montré qu’une cuillère de miel par jour renforce l’immunité d’une personne en bonne santé, réduit le nombre d’infections ou corrige une carence en fer.
Le miel contient d’ailleurs très peu de fer : environ 0,4 mg pour 100 g, soit une fraction négligeable des besoins quotidiens. Une anémie se traite avec un bilan sanguin et un médecin, pas avec un pot de miel.