De tous les usages qu’on prête au miel, celui-ci tient debout. Contre une toux nocturne, plusieurs essais cliniques lui donnent un avantage réel sur l’absence de traitement, et un résultat comparable à celui de certains sirops vendus en pharmacie.

L’explication n’a rien de mystérieux. Le miel est épais et sucré. Il tapisse la gorge irritée, apaise mécaniquement, et son goût déclenche une salivation qui calme le réflexe de toux. Cela s’arrête là, mais cela suffit souvent à passer une nuit.

Comment le prendre

Une cuillère à café pure au coucher, avalée lentement, sans boire derrière. C’est la forme la plus efficace, parce que le miel reste en contact avec la gorge.

Dans une boisson, attendez que l’eau ait tiédi. Au-delà de quarante degrés, les enzymes se dégradent et le miel perd une partie de ce qui le distingue d’un sirop de sucre. Un thé brûlant sucré au miel reste agréable, il n’est plus vraiment du miel.

Le citron ne soigne rien de plus, mais il rend la boisson plus supportable quand la gorge gratte, et l’acidité fait saliver. Le gingembre frais râpé ajoute un effet chauffant que beaucoup apprécient. Ces associations relèvent du confort, pas de la pharmacie.

Quel miel choisir

Le plus foncé et le plus corsé, en général. Miel de thym (190 dh) et Miel d’origan (190 dh) laissent une amertume qui accroche la gorge, et beaucoup les trouvent plus apaisants. Miel d’eucalyptus (100 dh) tire vers le mentholé, ce qui aide quand le nez est pris. Miel d’orange (90 dh) convient mieux aux enfants, qui refusent souvent les miels amers.

Aucun de ces miels ne fait mieux que les autres sur le plan mesuré. Le meilleur est celui que le malade accepte de prendre.

Le miel qui pique la gorge

Certains miels, l’euphorbe en tête, provoquent une sensation de brûlure ou de picotement en fin de gorge. Elle vient de leur composition et dure quelques secondes.

Ce picotement n’a rien à voir avec un miel abîmé ou fermenté, et il ne signale aucune force particulière contre l’infection. Sur une gorge déjà enflammée, il devient même désagréable : préférez un miel doux dans ce cas.

Quand le miel ne suffit plus

Le miel apaise une toux, il ne soigne pas ce qui la cause. Appelez un médecin si la toux dépasse dix jours, si la fièvre monte au-delà de trois jours, si la respiration devient sifflante ou courte, ou si des crachats colorés apparaissent.

Et la règle qui ne souffre pas d’exception : pas de miel avant douze mois, même pour une toux, même dilué.